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Guide Pratique 16 décembre 2025

Lancer sa marque de cosmétique bio : le guide réglementaire du design packaging

Mentions obligatoires, liste INCI, labels bio... Checklist des points essentiels pour un packaging conforme et esthétique.

Lancer sa marque de cosmétique bio : le guide réglementaire du design packaging

Le packaging cosmétique raconte une marque, mais il doit d’abord tenir debout juridiquement. Dans l’UE, l’étiquetage est cadré par le règlement 1223/2009 : informations à afficher, responsabilités, lisibilité, traçabilité.

Quand l’étiquette est incomplète, les autorités de surveillance peuvent exiger des mesures correctives allant jusqu’au retrait du marché, et les pénalités relèvent des États membres.

Ce guide part d’un principe simple : intégrer la réglementation dès la mise en page, pour éviter les compromis tardifs et les packs “recollés”.


1) La face avant : faire comprendre, sans promettre trop

Sur un linéaire ou une page produit, la face avant sert à orienter. Elle pose l’identité, mais aussi une lecture immédiate : ce que c’est et combien il y en a.

À prévoir dans la hiérarchie

  • La fonction du produit, dès qu’elle n’est pas évidente. C’est une obligation lorsque le consommateur ne peut pas la déduire clairement.
  • La quantité nominale (ml / g), avec des exceptions prévues par le règlement (mini formats, échantillons, unités).

Décisions de design qui évitent les erreurs

  • Réserver une zone stable pour la contenance (sinon elle migre d’une référence à l’autre).
  • Poser une grille qui survit à l’évolution de gamme (variantes, éditions, formats voyage).

2) Le dos (ou l’étui) : la zone de vérité

C’est la partie “calme” du packaging : celle qui doit rester lisible, complète, robuste à l’impression et à la production.

Le bloc conformité à intégrer dès les premières maquettes

Le règlement impose, sur le récipient et/ou l’emballage, un ensemble d’informations. Parmi les points structurants :

  • La personne responsable (nom/raison sociale) et son adresse au sein de l’UE.
  • Le numéro de lot (ou référence) permettant l’identification en production.
  • La durabilité : date de durabilité minimale quand elle s’applique, sinon PAO (pot ouvert + durée) dans les cas prévus.
  • Les précautions d’emploi, y compris celles liées aux restrictions des annexes.

Astuce studio : prévoir un “slot” de lot dès la conception (zone technique, contraste suffisant, pas sur une texture trop “vivante”). On évite les marquages qui bavent, les rubans ajoutés à la dernière minute, et les lots posés au hasard.

3) INCI : la typographie la plus importante du pack

La liste ingrédients n’est pas un détail. Elle est obligatoire et suit des règles précises (ordre, conventions, mentions spécifiques).

Règles clés à connaître (et à traduire graphiquement)

  • La liste doit être introduite par le terme “ingredients”.
  • Les ingrédients apparaissent en ordre décroissant de poids au moment de l’incorporation.
  • Les parfums sont indiqués via “parfum” / “aroma”.
  • Les nanomatériaux doivent comporter “(nano)” après le nom.
  • Les colorants suivent la logique des CI.

Mise en page : le “luxe” de l’INCI

  • Choisir un corps minimal réaliste (impression + courbure + vernis).
  • Donner de l’air : interlignage et longueur de ligne contrôlés.
  • Séparer visuellement l’INCI des claims marketing.

Résultat : un dos plus sobre, plus lisible, souvent plus premium.

4) Claims : ce que vous écrivez doit pouvoir se défendre

Les promesses cosmétiques sont encadrées : l’article 20 du règlement cosmétique impose que les claims ne prêtent pas au produit des caractéristiques qu’il n’a pas. Et, surtout, l’UE a défini des critères communs pour justifier les allégations via le règlement (UE) 655/2013.

Conséquence directe pour le design

  • Un pack qui empile des superlatifs oblige à surcharger la preuve… et finit souvent par fragiliser la marque.
  • Des formulations sobres et vérifiables permettent une mise en page plus élégante et plus durable dans le temps.

5) “Bio”, “naturel”, labels : une esthétique sous licence

Dans la cosmétique bio, la conformité ne s’arrête pas au droit cosmétique : elle touche aussi la manière d’afficher une certification volontaire.

COSMOS & NATRUE : Ces standards publient des guides d’usage stricts (placement, mentions, conditions).

Décision de design qui évite les catastrophes : réserver une zone “labels” stable et respirante (souvent dos ou tranche d’étui). Le logo de certification renforce la confiance sans prendre le pouvoir sur l’identité.

6) Petits formats : quand l’espace manque, le système gagne

Baume à lèvres, roll-on, mini flacon : la densité d’informations devient un problème physique. Le règlement prévoit des solutions lorsque l’affichage sur le récipient est impossible pour des raisons pratiques : renvoi vers une notice/étiquette/carte attachée, avec symbole prévu.

Réflexe studio : prévoir dès le départ un plan d’architecture (contenu + étui / wrap / carte / leaflet). C’est là que l’objet reste élégant malgré l’obligation d’informer.


Focus 2026 : ce qui change autour du “green”

Même si le règlement cosmétique reste le socle, le contexte 2026 rend les promesses environnementales plus sensibles. La directive (UE) 2024/825 impose une transposition d’ici le 27 mars 2026 et une application à partir du 27 septembre 2026.

Dans les faits, cela pousse à :

  • préférer des formulations environnementales précises à des slogans vagues,
  • aligner texte, pictogrammes, matériaux et consignes de tri,
  • éviter tout vocabulaire qui donne une impression de garantie générale non démontrable.
Par Studio OKTOGON
Design packaging & identité de marque.
#Réglementation#Cosmétique#Packaging#Guide

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